Des manifestants se sont rassemblés mardi dans la ville de Tinzaouaten, dans le nord du Mali, accusant l’armée malienne et ses alliés russes d’avoir utilisé des armes à sous-munitions interdites lors de frappes aériennes visant des zones habitées dans le nord du pays.
Des vidéos et images diffusées sur les réseaux sociaux montrent d’importants rassemblements de manifestants scandant des slogans tels que « Azawad oui, Mali non », tandis que certains portaient des pancartes accusant des mercenaires russes et les forces du Corps africain de viser des civils avec des armes à sous-munitions.

Plusieurs manifestants ont également présenté des photos de restes d’explosifs qu’ils affirment être des armes à sous-munitions de fabrication russe utilisées lors de bombardements contre des villages et des zones du nord du Mali.
Dans une vidéo, un homme s’exprimant à travers un haut-parleur a déclaré :
« Nous voulons libérer l’Azawad de Kidal à Ménaka. Nous voulons montrer au monde ces armes à sous-munitions avec lesquelles le peuple azawadien est bombardé et empoisonné, et par lesquelles des femmes, des enfants et des innocents sont tués. Nous voulons que le monde sache que le Mali est un État terroriste et qu’il n’a aucun droit sur notre terre. »
Dans une autre vidéo, une femme a déclaré à travers un haut-parleur :
« Nous demandons à Dieu de donner la victoire au peuple azawadien. Nous sommes ici aujourd’hui pour dénoncer les affirmations et les actes du Mali, et nous condamnons ceux qui nous ont apporté ces avions qui bombardent notre peuple avec une force étrangère qui n’est ni azawadienne ni malienne. »
Les participants aux manifestations ont demandé l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur les frappes récentes qui auraient causé des morts et des blessés parmi les civils, notamment des femmes et des enfants.
Ces événements surviennent après la diffusion sur les médias locaux et les réseaux sociaux d’images montrant des munitions non explosées que des habitants affirment être des armes à sous-munitions utilisées lors de frappes près de Tombouctou et Kidal.
Le Front de libération de l’Azawad a déjà accusé les autorités militaires maliennes d’utiliser des armes interdites au niveau international et a appelé à une intervention internationale urgente pour enquêter sur ces accusations.
Les manifestants affirment que les frappes ont visé des quartiers résidentiels et des rassemblements civils éloignés de toute position militaire, qualifiant ces attaques de violation grave du droit international humanitaire.
Les autorités maliennes n’ont publié aucune réaction officielle concernant ces accusations.
Dans un développement connexe, des sources locales ont indiqué que des militants à Bamako ont secrètement inscrit des graffitis appelant au départ des forces russes du Mali, alors que toute critique de la Russie ou de ses forces est considérée comme extrêmement sensible sous le régime militaire actuel et peut exposer ses auteurs à des poursuites judiciaires.








