Les marchés énergétiques mondiaux sont restés sous tension avec une forte hausse des prix du pétrole malgré une nouvelle initiative diplomatique de l’Iran visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, proposition accueillie avec prudence à Washington et scepticisme par les marchés, accentuant la volatilité du brut.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a présenté, via des intermédiaires pakistanais, un cadre qualifié de « report nucléaire », proposant la réouverture immédiate du détroit au trafic commercial et la fin des actions navales iraniennes, en échange de la levée du blocus maritime américain sur les ports iraniens et du report des négociations nucléaires à une phase ultérieure.
Les responsables américains ont reconnu un changement de ton mais ont maintenu leur position sur les points essentiels. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que l’offre était « meilleure que prévu », tout en soulignant que Washington n’accepterait pas un dispositif accordant à l’Iran un contrôle effectif des voies maritimes internationales, tandis que le président Donald Trump a adopté une position plus ferme, exigeant l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium avant tout allègement des sanctions ou ajustement du blocus.
Malgré ces développements diplomatiques, les prix du pétrole ont poursuivi leur hausse, le Brent progressant d’environ 3% pour atteindre 111,49 dollars le baril, soit une augmentation de 13% sur une semaine, dans un contexte de doutes persistants quant à une résolution rapide et de craintes continues concernant les perturbations de l’approvisionnement mondial.
Les estimations financières indiquent un déséquilibre important du marché, la production mondiale ayant diminué d’environ 14,5 millions de barils par jour en raison du conflit et des dégâts aux infrastructures, ce qui devrait entraîner un déficit d’environ 9,6 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026.
Parallèlement, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est tombé à des niveaux très faibles, le nombre de navires transitant quotidiennement passant d’une moyenne de 129 avant la crise à environ huit, les opérateurs adoptant une approche attentiste face aux risques d’affrontements navals, de mines et aux restrictions liées au blocus.
Le Commandement central américain continue d’appliquer des restrictions strictes, des rapports indiquant que des dizaines de navires ont été refoulés pour non-respect des conditions du blocus, tandis que seuls les navires non liés aux ports iraniens sont actuellement autorisés à transiter, ce qui limite davantage les flux commerciaux.
Les experts avertissent que même en cas de percée diplomatique, le retour à des flux énergétiques normaux prendra du temps, en raison de la nécessité de déminage, de garanties de sécurité et de réparations des infrastructures pétrolières endommagées, notamment en Irak, avec des prévisions indiquant qu’un retour aux niveaux d’exportation d’avant-crise ne pourrait intervenir avant la fin juin au plus tôt.
Alors que la Maison Blanche prépare sa réponse officielle à la proposition iranienne, attendue mercredi, la situation reste évolutive, avec des risques toujours élevés et des déploiements navals européens supplémentaires maintenant les marchés dans l’incertitude dans les semaines à venir.







