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Afrique du l’Ouest et Sahel

Attaque meurtrière contre un convoi escorté par l’armée à Bawku, signe d’une escalade du conflit dans le nord du Ghana

Une embuscade meurtrière visant un convoi civil escorté par l’armée dans la région Upper East du Ghana a ravivé les inquiétudes concernant la détérioration de la situation sécuritaire à Bawku, un foyer de tensions ethniques et coutumières de longue date. L’attaque, survenue lundi dans la zone de Binduri, reflète des craintes croissantes d’une interaction entre la violence locale et des menaces militantes régionales plus larges.

Selon des déclarations des forces armées ghanéennes et du ministère de l’Intérieur, le convoi — composé d’environ 140 civils sous escorte militaire — se rendait de Bawku à Bolgatanga lorsqu’il a été pris sous un feu nourri de la part d’assaillants non identifiés. Le convoi faisait partie des efforts en cours pour sécuriser les déplacements civils sur un axe de plus en plus instable.

Les autorités ont confirmé la mort de trois civils dans les échanges de tirs, tandis que les forces militaires ont riposté et neutralisé sept assaillants lors de l’affrontement.

À la suite de l’incident, les forces de sécurité ont mené une opération de ratissage coordonnée dans la zone environnante, conduisant à l’arrestation de dix suspects actuellement interrogés afin d’établir leur identité et leurs éventuelles affiliations.

Dans un développement notable, les forces de sécurité ont saisi un fusil automatique G3, deux chargeurs approvisionnés et 176 cartouches auprès d’un suspect qui aurait tenté de se cacher dans une mosquée locale. Les autorités ont souligné que l’utilisation de lieux de culte comme refuges pour des acteurs armés constitue une escalade préoccupante des méthodes.

La violence à Bawku trouve son origine dans un conflit coutumier prolongé entre les groupes ethniques Kusasi et Mamprusi, qui revendiquent chacun l’autorité légitime sur la région. Malgré une décision de la Cour suprême en 2003 et plusieurs tentatives de médiation, le conflit persiste et éclate périodiquement en violences.

L’importance stratégique de Bawku en tant que carrefour commercial reliant le Ghana au Burkina Faso et au Togo amplifie l’impact de cette attaque, avec des perturbations des routes commerciales transfrontalières et un arrêt quasi total de l’activité économique.

Les analystes de sécurité et les autorités s’inquiètent de plus en plus du fait que la crise ne soit plus uniquement locale, des renseignements suggérant que des groupes extrémistes opérant au Burkina Faso voisin pourraient exploiter les divisions ethniques pour étendre leur influence dans le nord du Ghana.

Le ministère de la Sécurité nationale a qualifié la situation de possible « débordement sahélien », en référence à l’instabilité régionale plus large, tandis que les forces armées ghanéennes ont intensifié l’opération Koudanlgou afin de renforcer la sécurité aux frontières et contrer les menaces transfrontalières.

Au 28 avril, un couvre-feu strict de 20h00 à 5h00 reste en vigueur dans la municipalité de Bawku et les zones environnantes, avec une présence militaire renforcée estimée à environ 1 500 soldats en état d’alerte maximale.

Le ministre de l’Intérieur, Henry Quartey, a mis en garde contre toute complicité avec des groupes armés et a condamné l’utilisation abusive des lieux de culte, appelant les habitants à coopérer avec les forces de sécurité dans le cadre de la campagne « See Something, Say Something ».

« Le gouvernement ne tolérera pas l’utilisation des lieux sacrés comme refuges pour des criminels », a-t-il déclaré, appelant les citoyens à coopérer pleinement avec les opérations en cours.

Les données récentes illustrent le lourd bilan humain du conflit, avec environ 85 morts enregistrés en 2025 et plus de 12 000 personnes déplacées. En 2026, au moins 34 décès et 4 500 déplacements ont déjà été recensés, indiquant que la crise reste loin d’être maîtrisée.

Cette embuscade constitue une escalade significative tant par sa complexité opérationnelle que par ses implications pour la sécurité nationale et régionale, alors que les enquêtes se poursuivent dans un climat d’inquiétude quant à une nouvelle détérioration.

Les responsables de la sécurité ont réitéré que toute personne entravant les opérations ou hébergeant des suspects s’expose à des poursuites judiciaires.

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