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L’Iran face à une crise croissante des droits humains alors que le nombre de morts lors des manifestations est contesté

L’Iran est confronté à une crise des droits humains de plus en plus grave à la suite d’une vague de manifestations meurtrières déclenchées fin 2024 et ayant atteint leur pic début janvier 2026, selon un rapport détaillé d’Al Jazeera. Les troubles ont mis en lumière un fossé grandissant entre la version officielle du gouvernement et les chiffres avancés par les observateurs internationaux et les organisations de défense des droits humains.

Des bilans contradictoires alarmants

Au cœur de la controverse se trouve le nombre de personnes tuées lors de ce que les autorités iraniennes qualifient de manifestations « anti-système ». Le gouvernement reconnaît 3 117 morts, attribuant les décès à des « terroristes » et à des « ennemis soutenus par l’étranger ».

Les organisations indépendantes avancent toutefois des chiffres bien plus élevés. L’agence américaine Human Rights Activists News Agency affirme avoir confirmé 6 872 morts et enquêter sur plus de 11 000 cas supplémentaires. Les Nations unies, se basant sur des informations recueillies malgré les coupures massives d’internet, estiment que le bilan pourrait dépasser 20 000 morts.

La « liste » officielle attise la colère

Face aux critiques croissantes, le gouvernement du président Massoud Pezeshkian a publié une liste partielle de 2 986 noms de personnes décédées. Loin d’apaiser la situation, cette initiative a exacerbé la colère des familles et de la société civile.

Des proches affirment que de nombreuses victimes confirmées n’apparaissent pas sur la liste, tandis que d’autres dénoncent des doublons et l’absence d’informations sur les circonstances des décès. Les autorités refusent également de distinguer civils et forces de sécurité dans leurs statistiques, tout en niant les accusations de violations étatiques, notamment des descentes dans des hôpitaux.

Des accusations selon lesquelles des responsables auraient exigé de l’argent pour restituer les corps aux familles ont également provoqué une vive indignation, sans que le gouvernement n’y réponde officiellement.

Journalistes et artistes prennent position

Le rapport souligne une contestation interne croissante, notamment parmi les journalistes et les figures culturelles. Parisa Hashemi, journaliste du quotidien réformateur Ham-Mihan, a publiquement interpellé un porte-parole gouvernemental en demandant pourquoi aucun responsable n’avait démissionné après ce qu’elle a qualifié de « rivières de sang » et de massacres.

Dans un geste rare de protestation artistique, l’actrice renommée Elnaz Shakerdoost a annoncé son retrait du cinéma iranien, déclarant qu’elle ne travaillerait plus dans un pays qui « sent le sang ».

De son côté, la Fondation des martyrs iranienne a classé 2 427 victimes comme « innocentes », contredisant le discours officiel selon lequel la majorité des manifestants étaient des extrémistes armés soutenus par des puissances étrangères.

Une crise de légitimité

Selon les analystes, l’Iran est désormais confronté à une crise de légitimité. Bien que les autorités aient lancé un portail en ligne permettant aux familles de signaler des omissions et annoncé une enquête interne, les critiques estiment que ces mesures visent davantage à contenir la colère populaire qu’à établir la responsabilité.

La pression internationale s’intensifie. Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu des réunions d’urgence, tandis que les États-Unis ont renouvelé leurs mises en garde dans un contexte de tensions régionales accrues et d’incertitude économique.

Alors que l’examen international et national se renforce, le gouvernement iranien fait face à des demandes croissantes pour aligner son discours officiel sur l’ampleur des pertes documentées par des sources indépendantes et internationales—des exigences qui ne montrent aucun signe d’essoufflement.

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