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Le passage de Rafah reste fortement restreint alors que Gaza fait face à des pressions humanitaires et politiques croissantes

Malgré sa « réouverture » officielle le 2 février, le passage de Rafah continue de fonctionner sous de fortes restrictions, constituant un goulet d’étranglement majeur pour les Palestiniens souhaitant quitter ou regagner Gaza, selon les données du Bureau des médias du gouvernement de Gaza et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Les agences humanitaires indiquent que les mouvements civils restent nettement inférieurs aux attentes prévues dans le cadre du cessez-le-feu d’octobre 2025.

Évacuations médicales limitées

Depuis la reprise des opérations :

  • 172 Palestiniens ont été autorisés à rentrer à Gaza ;
  • 250 patients et accompagnants ont quitté le territoire ;
  • Environ 20 000 patients restent inscrits sur des listes d’attente pour une évacuation médicale.

Le cadre du cessez-le-feu prévoyait le passage quotidien de 50 patients, accompagnés de 100 personnes. Toutefois, les sources humanitaires indiquent que le flux réel quotidien se situe entre 25 et 30 personnes au total, bien en deçà des capacités annoncées.

Ces restrictions interviennent alors que le système de santé de Gaza demeure gravement affaibli. Au 11 février :

  • 22 hôpitaux sont hors service ;
  • Environ 1 700 professionnels de santé ont été tués depuis octobre 2023 ;
  • Des milliers de patients atteints de cancer, d’insuffisance rénale ou de blessures graves subissent d’importants retards pour accéder à des soins spécialisés à l’étranger.

Des personnes ayant franchi le passage font état de procédures de contrôle sécuritaire prolongées du côté palestinien. Certaines évoquent de longs interrogatoires et la confiscation d’effets personnels lors des inspections. Les autorités israéliennes n’ont pas détaillé publiquement les protocoles de sécurité en vigueur.

Ordonnances de retrait de citoyenneté

Dans un développement connexe, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a signé les premières ordonnances appliquant la loi de février 2023 sur la révocation de la citoyenneté.

Ces mesures concernent :

  • Mahmoud Ahmad, condamné pour une attaque par arme à feu et emprisonné durant 23 ans ;
  • Mohammed al-Halsi, condamné en 2016 pour une attaque au couteau.

Leur citoyenneté israélienne sera révoquée et ils seront expulsés vers Gaza à l’issue de leur peine.

L’organisation de défense des droits humains Adalah a critiqué cette politique, estimant qu’elle pourrait affaiblir les protections juridiques et entraîner des situations d’apatridie. Le gouvernement israélien affirme que la loi vise les personnes reconnues coupables d’infractions sécuritaires graves et qu’elle renforce la sécurité nationale.

Contexte diplomatique

Ces développements interviennent alors que le Premier ministre Netanyahu se rend à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump, lors de leur septième entretien depuis le début du second mandat de ce dernier.

Si les discussions officielles portent sur la coopération énergétique et la coordination sécuritaire régionale, l’accès humanitaire à Gaza et la mise en œuvre du cessez-le-feu demeurent des enjeux centraux.

Les agences humanitaires avertissent que le maintien des restrictions au passage de Rafah risque d’aggraver une situation médicale et humanitaire déjà extrêmement fragile.

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