Le Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), coalition jihadiste affiliée à Al-Qaïda, a intensifié des attaques coordonnées au Mali et au Burkina Faso au cours des 48 dernières heures, passant des embuscades routières à des raids visant à s’emparer brièvement de positions de sécurité avant de les piller et de les incendier, selon des sources locales et des récits diffusés par les réseaux médiatiques du groupe.
Le 15 février, des combattants ont attaqué un camp militaire burkinabè majeur à Nouna ou dans ses environs, dans le nord-ouest du Burkina Faso. Les informations divergent sur le site exact, mais le situent dans le secteur ouest ou nord-ouest du pays. Des sources locales et sécuritaires ont indiqué que l’assaut a commencé par l’explosion de véhicules piégés pour ouvrir des brèches, suivie de l’irruption d’un grand nombre de combattants à moto, avec des échanges ayant duré plusieurs heures.
Les assaillants ont saisi des armes et des munitions et capturé plusieurs véhicules, dont sept à dix pick-ups équipés de mitrailleuses et au moins un véhicule blindé décrit comme un « Vila », ont indiqué les sources. Ils ont également emporté des armes lourdes et intermédiaires, dont des munitions de RPG-7 et des mitrailleuses lourdes, ainsi que des radios, des batteries solaires et d’autres équipements logistiques. Des estimations de sources locales font état d’au moins 25 à 30 morts côté gouvernemental parmi les soldats et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), tandis que les pertes des assaillants sont estimées à 10 à 15 combattants lors de frappes aériennes après le raid, la plupart des corps ayant été emportés.
Le 16 février, des hommes armés à moto ont attaqué le poste de gendarmerie de Kouimba, dans le cercle de Tominian, région de Ségou, au centre du Mali. Ils ont brièvement pris le contrôle du site avant d’y mettre le feu et de se retirer avec des armes légères, des munitions et des motos, selon des sources locales. Des images diffusées après l’attaque montrent le site ravagé par les flammes, et des récits locaux indiquent que les assaillants ont utilisé des substances accélérantes afin de mettre le poste hors service avant l’arrivée de renforts.
Selon des analystes, ces deux raids reflètent une tactique de « souveraineté temporaire » fondée sur un schéma frapper–piller–brûler–se retirer, visant à briser l’aura de contrôle de l’État, à affaiblir le moral des auxiliaires recrutés localement et à reconstituer les stocks directement à partir des arsenaux nationaux plutôt qu’en s’appuyant sur la contrebande transfrontalière.
Cette escalade intervient alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger renforcent leur coordination militaire au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Des observateurs locaux estiment que le calendrier et la géographie des deux attaques suggèrent une planification transfrontalière destinée à montrer que la coalition peut frapper sur plusieurs théâtres et saper la crédibilité des opérations conjointes.
Les autorités burkinabè ont indiqué avoir mené des frappes de riposte dans la nuit et à l’aube autour de Nouna, affirmant avoir détruit une base logistique de combattants. Le JNIM n’a pas confirmé ces informations.







