Le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a achevé dimanche une visite officielle de deux jours à Alger, présentée par les deux gouvernements comme un tournant mettant fin à plusieurs mois de tensions diplomatiques entre le Niger et l’Algérie.
Les autorités algériennes ont qualifié les 15 et 16 février de visite « fraternelle et de travail », soulignant un engagement renouvelé en faveur d’une coopération stratégique axée sur la sécurité régionale et les infrastructures énergétiques.
Rétablissement diplomatique
Le dégel a débuté le 12 février avec l’annonce du retour de l’ambassadeur d’Algérie à Niamey, Ahmed Saadi, tandis que l’ambassadeur du Niger en Algérie, Aminou Malam Manzo, reprenait simultanément ses fonctions à Alger.
Le président Abdelmadjid Tebboune a accueilli personnellement Tiani à l’aéroport international Houari-Boumediene. La présence du chef d’état-major de l’armée algérienne et du ministre de l’Énergie a mis en évidence la dimension stratégique des discussions, centrées sur la coordination sécuritaire et les grands projets énergétiques.
Dans un communiqué, la présidence algérienne a évoqué le lancement d’une « nouvelle dynamique » visant à dépasser les tensions antérieures liées notamment aux divergences avec l’Alliance des États du Sahel.
Infrastructures stratégiques au cœur du rapprochement
La relance des relations repose largement sur des projets transnationaux d’envergure.
Le gazoduc transsaharien (TSGP), évalué à 13 milliards de dollars, prévoit d’acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz nigérian par an vers l’Europe via le Niger et l’Algérie.
Les deux parties ont également évoqué l’autoroute transsaharienne et la coopération autour du bloc pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger, exploité par la société nationale algérienne Sonatrach. Ce bloc est estimé à plus de 260 millions de barils de réserves.
Du contentieux sécuritaire au pragmatisme économique
Les relations s’étaient détériorées en avril 2025 après un incident impliquant un drone à la frontière commune. Niamey, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, avait accusé Alger d’ingérence, accusation rejetée par l’Algérie qui invoquait la défense de son espace aérien.
Le sommet de février marque un recentrage sur les priorités économiques et stratégiques, les deux capitales semblant privilégier la stabilité régionale et les investissements à long terme.
Portée régionale
Alger a présenté la normalisation des relations comme une priorité pour la stabilité régionale et l’intégration continentale, dans le cadre de son ambition de renforcer son rôle diplomatique au Sahel.
Pour Niamey, ce partenariat renouvelé constitue un levier diplomatique et économique important à un moment de recomposition des alliances régionales.
Des analystes estiment que la rencontre Tiani–Tebboune pourrait inaugurer un axeLa visite de Tiani à Alger marque un réajustement stratégique entre le Niger et l’Algérie
ALGER, 16 février 2026 (Reuters) – Le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a achevé dimanche une visite officielle de deux jours à Alger, présentée par les deux gouvernements comme un tournant mettant fin à plusieurs mois de tensions diplomatiques entre le Niger et l’Algérie.
Les autorités algériennes ont qualifié les 15 et 16 février de visite « fraternelle et de travail », soulignant un engagement renouvelé en faveur d’une coopération stratégique axée sur la sécurité régionale et les infrastructures énergétiques.
Rétablissement diplomatique
Le dégel a débuté le 12 février avec l’annonce du retour de l’ambassadeur d’Algérie à Niamey, Ahmed Saadi, tandis que l’ambassadeur du Niger en Algérie, Aminou Malam Manzo, reprenait simultanément ses fonctions à Alger.
Le président Abdelmadjid Tebboune a accueilli personnellement Tiani à l’aéroport international Houari-Boumediene. La présence du chef d’état-major de l’armée algérienne et du ministre de l’Énergie a mis en évidence la dimension stratégique des discussions, centrées sur la coordination sécuritaire et les grands projets énergétiques.
Dans un communiqué, la présidence algérienne a évoqué le lancement d’une « nouvelle dynamique » visant à dépasser les tensions antérieures liées notamment aux divergences avec l’Alliance des États du Sahel.
Infrastructures stratégiques au cœur du rapprochement
La relance des relations repose largement sur des projets transnationaux d’envergure.
Le gazoduc transsaharien (TSGP), évalué à 13 milliards de dollars, prévoit d’acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz nigérian par an vers l’Europe via le Niger et l’Algérie.
Les deux parties ont également évoqué l’autoroute transsaharienne et la coopération autour du bloc pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger, exploité par la société nationale algérienne Sonatrach. Ce bloc est estimé à plus de 260 millions de barils de réserves.
Du contentieux sécuritaire au pragmatisme économique
Les relations s’étaient détériorées en avril 2025 après un incident impliquant un drone à la frontière commune. Niamey, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, avait accusé Alger d’ingérence, accusation rejetée par l’Algérie qui invoquait la défense de son espace aérien.
Le sommet de février marque un recentrage sur les priorités économiques et stratégiques, les deux capitales semblant privilégier la stabilité régionale et les investissements à long terme.
Portée régionale
Alger a présenté la normalisation des relations comme une priorité pour la stabilité régionale et l’intégration continentale, dans le cadre de son ambition de renforcer son rôle diplomatique au Sahel.
Pour Niamey, ce partenariat renouvelé constitue un levier diplomatique et économique important à un moment de recomposition des alliances régionales.
Des analystes estiment que la rencontre Tiani–Tebboune pourrait inaugurer un axe Nord–Sahel recentré sur l’énergie, les infrastructures et la coordination sécuritaire. Nord–Sahel recentré sur l’énergie, les infrastructures et la coordination sécuritaire.







