Au moins 31 civils ont été exécutés lors d’une attaque meurtrière contre le village de Bosiye, dans la région instable de Tillaberi, selon des organisations étudiantes locales et des habitants, dans ce qui constitue le dernier massacre en date dans la zone des trois frontières entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
Les premiers bilans faisaient état de 30 morts, mais des confirmations actualisées publiées mardi ont porté le nombre de victimes à 31. Quatre autres personnes seraient dans un état critique dans un centre de santé voisin.
L’attaque s’est produite dimanche 18 janvier, mais l’information n’est parvenue à la capitale Niamey et aux organismes de surveillance internationaux que tard lundi, en raison de l’isolement du village et du manque d’infrastructures de communication.
Soupçons visant une branche de l’État islamique
Aucun groupe armé n’a revendiqué l’attaque. Toutefois, des habitants et des analystes sécuritaires ont pointé du doigt l’État islamique au Grand Sahara (ISGS), une faction extrémiste active dans la « zone des trois frontières ».
Selon des sources sécuritaires, le groupe a multiplié au cours de l’année écoulée les attaques contre des communautés rurales, des responsables locaux et des lieux de culte dans la région.
Intensification de la violence dans la commune de Gorouol
Bosiye se situe dans la commune de Gorouol, une zone marquée par une nette recrudescence des activités militantes. En septembre 2025, le maire de Gorouol nommé par le gouvernement a été tué dans une embuscade, illustrant la dégradation de la situation sécuritaire et la vulnérabilité des autorités locales.
L’organisation Human Rights Watch a indiqué que plus de 127 villageois et fidèles ont été tués à Tillaberi depuis mars 2025 lors d’attaques attribuées à des combattants liés à l’État islamique.
L’ONG a ajouté que des survivants ont à plusieurs reprises dénoncé la lenteur des réponses militaires aux signaux d’alerte, laissant les communautés sans protection.
Condamnations des organisations étudiantes
L’Union des étudiants originaires de la commune de Gorouol et l’Union des étudiants nigériens ont publié mardi une déclaration conjointe condamnant le massacre, qualifié d’« acte d’une horreur indicible ».
Les deux organisations ont appelé à un renforcement de la présence militaire dans les zones rurales et à une meilleure protection des civils dans les régions à haut risque.
Silence du gouvernement de transition
Jusqu’à tard mardi soir, les autorités de transition militaires au pouvoir au Niger n’avaient pas diffusé de déclaration télévisée officielle traitant spécifiquement de l’attaque de Bosiye.
Des sources sécuritaires ont toutefois indiqué que les opérations militaires se poursuivaient dans la zone des trois frontières, où les groupes armés intensifient leurs efforts pour affaiblir le contrôle de l’État.
Une crise humanitaire et sécuritaire qui s’aggrave
Cette attaque met en lumière l’instabilité persistante dans l’ouest du Niger, où les groupes armés exploitent des frontières poreuses, un terrain difficile et une présence étatique limitée.
Les analystes avertissent que sans une protection durable des populations rurales, les déplacements forcés et les pertes civiles risquent d’augmenter encore dans les mois à venir.
Tableau récapitulatif : attaques récentes dans la région de Tillaberi
| Date | Lieu | Incident signalé | Victimes | Auteur présumé |
|---|---|---|---|---|
| Mars 2025 – janv. 2026 | Région de Tillaberi | Série d’attaques contre des villages et lieux de culte | Plus de 127 morts (selon HRW) | Affiliés à l’État islamique |
| Septembre 2025 | Commune de Gorouol | Embuscade ayant tué le maire | Maire tué | ISGS présumé |
| 18 janvier 2026 | Village de Bosiye, commune de Gorouol | Exécution massive de civils | 31 morts ; 4 blessés graves | ISGS présumé |







