Le conflit au Soudan est entré dans sa quatrième année alors que la crise humanitaire atteint un niveau sans précédent, selon de nouvelles données d’organisations internationales faisant état d’une famine généralisée, de déplacements massifs et d’un effondrement quasi total des services essentiels.
Environ 24,6 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, faisant de cette crise l’une des plus graves au monde.
Des conditions de famine classées en phase 5 de l’IPC, le niveau le plus extrême, ont été confirmées dans des zones clés, notamment El Fasher et Kadugli, tandis que d’autres régions comme Um Baru et Kernoi ont dépassé les seuils de famine, indiquant une aggravation rapide de la situation.
Dans les zones les plus touchées, les stratégies de survie deviennent de plus en plus extrêmes, les familles se contentant d’un seul repas par jour, certaines consommant des aliments non conventionnels tels que du fourrage ou des feuilles.
Le conflit a provoqué la plus grande crise de déplacement au monde, avec plus de 12 millions de personnes contraintes de fuir leur domicile, dont environ 9,5 millions de déplacés internes et plus de 3 millions de réfugiés dans les pays voisins.
Le bilan des victimes reste difficile à établir en raison des combats en cours et de l’accès limité aux مناطق touchées, mais des estimations récentes suggèrent que le nombre de morts pourrait dépasser 150 000, contre environ 30 000 selon des estimations antérieures.
Le système de santé s’est largement effondré, avec plus de 70 % des établissements de santé hors service dans les zones de conflit, privant des millions de personnes de soins médicaux de base.
Cette dégradation a favorisé la propagation de maladies, notamment le choléra désormais signalé dans l’ensemble du pays, les agences humanitaires mettant en garde contre une hausse du taux de mortalité liée à la malnutrition et au manque d’accès aux soins.
Les opérations humanitaires restent fortement entravées par l’insécurité et la perturbation des réseaux de transport et d’approvisionnement, limitant l’accès à l’aide et aggravant les pénuries.
Selon le plan de réponse humanitaire 2026, plus de 33 millions de personnes, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’une assistance urgente.
Les analystes estiment que ces chiffres sont probablement sous-évalués en raison des difficultés de collecte de données, tandis que les organisations internationales appellent à un renforcement du financement, à un meilleur accès humanitaire et à des efforts diplomatiques accrus pour faire face à la crise.







