L’Ukraine est entrée lundi dans la quatrième année de l’invasion à grande échelle lancée par la Russie, dans un contexte marqué par l’une des plus lourdes vagues de frappes aériennes de l’hiver, une augmentation des pertes civiles et une intensification des efforts diplomatiques menés par les États-Unis pour pousser à une solution négociée.
Frappes nocturnes meurtrières
Les autorités ukrainiennes ont indiqué que la Russie avait lancé durant la nuit 11 missiles balistiques et 149 drones d’attaque lors d’une offensive coordonnée à l’échelle nationale. Les défenses aériennes ukrainiennes ont intercepté 116 drones, mais au moins 23 drones et plusieurs missiles ont frappé 15 sites, selon l’armée de l’air ukrainienne.
Dans la région de Kharkiv, au nord-est du pays, une frappe de drone sur une zone résidentielle de Bohodukhiv a tué une femme de 41 ans et son fils de 10 ans. Dans la ville portuaire d’Odessa, au sud, une personne a été tuée lorsqu’un drone a frappé un immeuble résidentiel, endommageant également un gazoduc à proximité.
D’autres bombardements et frappes dans les régions de Tchernihiv et de Donetsk ont fait au moins deux morts parmi des civils âgés. Les autorités ont indiqué qu’au moins 36 personnes avaient été blessées dans l’ensemble du pays, dont une adolescente de 13 ans dans la région de Dnipropetrovsk.
Les services d’urgence ukrainiens ont poursuivi lundi les opérations de recherche et de réparation, tandis que les équipes chargées des infrastructures énergétiques et gazières s’efforçaient de stabiliser les installations endommagées dans des conditions hivernales glaciales.
Les États-Unis fixent une échéance de paix en juin
Ces attaques interviennent alors qu’un changement diplomatique majeur semble se dessiner. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a confirmé que l’administration du président américain Donald Trump avait fixé juin 2026 comme date limite pour parvenir à un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie.
Washington a proposé une nouvelle série de pourparlers trilatéraux impliquant les États-Unis, l’Ukraine et la Russie, qui pourraient se tenir à Miami dès la semaine prochaine. Les responsables ukrainiens ont accepté l’invitation, tandis que Moscou s’est montrée sceptique quant à la tenue de négociations sur le sol américain.
Malgré ce nouvel élan diplomatique, les divergences fondamentales persistent. La Russie continue d’exiger que l’Ukraine cède l’ensemble des territoires occupés dans le Donbass, tandis que Kyiv affirme que ses frontières internationalement reconnues de 1991 constituent un point de départ non négociable pour tout règlement.
Une tentative d’assassinat accroît les tensions sécuritaires
Les inquiétudes sécuritaires se sont encore accrues après la tentative d’assassinat du général de corps d’armée Vladimir Alekseyev, chef adjoint du renseignement militaire russe (GRU). Les autorités russes ont indiqué qu’Alekseyev avait été touché par plusieurs balles vendredi à Moscou et restait hospitalisé.
Dimanche, les Émirats arabes unis ont extradé vers Moscou le citoyen russe Lyubomir Korba. Le Service fédéral de sécurité russe (FSB) affirme que Korba a mené l’attaque pour le compte des services de renseignement ukrainiens.
L’Ukraine a nié toute implication dans la fusillade, bien que Kyiv ait reconnu sa responsabilité dans d’autres opérations de premier plan visant des responsables militaires et sécuritaires russes depuis le début de la guerre.
Appel diplomatique à l’Europe
Par ailleurs, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a lancé un nouvel appel à l’Union européenne, demandant l’instauration d’une interdiction totale et à vie d’entrée sur le territoire européen pour tout citoyen russe ayant signé un contrat pour combattre dans la guerre.
Sybiha a cité l’Estonie comme précédent, soulignant que le pays a déjà commencé à appliquer des interdictions nationales à l’encontre des combattants russes. Il a estimé que de telles mesures permettraient de « fixer le juste prix aux mauvais choix » et de renforcer la responsabilité liée à la participation à l’invasion.
Alors que les combats s’intensifient et que la pression diplomatique augmente, les analystes avertissent que les mois à venir pourraient s’avérer décisifs tant sur le champ de bataille qu’à la table des négociations, tandis que les civils continuent de payer le prix le plus lourd du conflit.







