Le Mali, le Burkina Faso et le Niger — membres de l’Alliance des États du Sahel — ont annoncé leur retrait de la réunion annuelle du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), tenue à Lomé, au Togo, en protestation contre la non-attribution de la présidence tournante à leur alliée, le Burkina Faso.
Motifs du retrait
Selon le règlement intérieur de l’Union, la présidence doit être transmise tous les deux ans entre les États membres. Le Burkina Faso devait succéder à la Côte d’Ivoire, qui occupait ce poste depuis deux ans, mais les négociations ont échoué, poussant les trois pays à quitter la réunion avant sa clôture.
Les tensions sont également alimentées par la critique persistante de la présence économique française dans la région. Le Burkina Faso a notamment dénoncé le rôle de la France, émettrice du franc CFA et garante officielle de sa parité avec l’euro — perçue comme un symbole de domination monétaire néocoloniale.
Ce retrait fait suite à la sortie fracassante de ces trois pays de la CEDEAO en janvier 2025. Ils cherchent désormais à renforcer leur propre bloc militaire et économique — l’Alliance des États du Sahel — avec le soutien affirmé de la Russie.
Un tournant géopolitique régional
L’incident reflète une fracture croissante entre les pays ouest-africains restés proches des partenaires occidentaux (comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire) et ceux qui réorientent leurs alliances (notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso).
Les trois pays sahéliens ambitionnent de consolider leur confédération émergente, en développant des projets communs en matière de défense, d’infrastructures et de politique monétaire, dont la création d’une monnaie alternative au franc CFA.
Ils ont également annoncé leur volonté d’établir une banque d’investissement et un fonds régional de stabilisation.
Ce retrait s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des alliances en Afrique de l’Ouest, marquée par la volonté de plusieurs États de se détacher des structures régionales perçues comme sous influence occidentale.







