Le gouvernement de transition malien a autorisé la vente exceptionnelle d’une tonne d’or issue de la mine de Loulo-Gounkoto — autrefois exploitée par la société canadienne Barrick Gold — pour une valeur estimée à 106 millions de dollars américains.
Cette opération vise à financer le paiement des salaires des travailleurs et à régler des dettes impayées envers des fournisseurs, illustrant la volonté des autorités militaires de renforcer leur contrôle sur les ressources minières du pays, longtemps dominées par les multinationales étrangères.
La vente intervient dans un contexte de conflit grandissant entre Bamako et Barrick Gold. La justice malienne a ordonné la mise sous gestion provisoire de la mine, tandis que l’entreprise canadienne a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), relevant de la Banque mondiale.
La crise trouve son origine dans le Code minier de 2023, qui a supprimé les exonérations fiscales pour les investisseurs étrangers et permis à l’État malien d’augmenter sa part dans les mines à hauteur de 30 %.
Le gouvernement accuse Barrick Gold de fraude fiscale et de manipulation des chiffres de production, ce qui a conduit à l’instauration d’un embargo sur les exportations d’or en novembre 2024.
De son côté, Barrick a démenti ces allégations, accusant les autorités militaires de privilégier leurs intérêts personnels au détriment du bien commun.
Ce bras de fer a entraîné une chute de 23 % de la production nationale d’or en 2024, qui est passée à 51 tonnes contre 66,5 tonnes l’année précédente.
Barrick Gold reste l’un des acteurs majeurs du secteur aurifère malien, représentant à elle seule 38,04 % de la production nationale en 2023.







