Agh Ahmedou Mohamed, secrétaire général du Mouvement pour la Transformation et la Réconciliation au Mali, a révélé que plusieurs familles maliennes réfugiées en Mauritanie ont récemment quitté le camp de Mbera pour la wilaya d’Adrar, en Algérie, en raison de la détérioration dramatique des conditions de vie dans les camps mauritaniens. Cette information lui a été transmise par de nouveaux déplacés arrivés à Bordj Badji Mokhtar, dans le sud algérien.
Dans un appel pressant, Mohamed a exhorté le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani à accorder une attention urgente à la situation des réfugiés maliens dans les camps de Mbera et Aghor. Il a mis en garde contre une catégorisation injuste des réfugiés, conduisant à une distribution inéquitable de l’aide humanitaire. Il a également dénoncé la suspension totale du soutien médical depuis fin mai 2025, privant des milliers de réfugiés de soins dans un environnement désertique extrême.
Le militant a plaidé pour l’amélioration des services de base, notamment l’accès à la santé, ainsi que pour une révision des restrictions imposées à la mobilité des réfugiés, en insistant sur la nécessité de préserver leurs droits fondamentaux.
Cette alerte intervient plusieurs mois après l’appel lancé par la Mauritanie lors d’une session à Genève en février dernier, où sa représentante permanente auprès des Nations unies, Aïcha Vall Vergès, avait annoncé que le pays accueillait plus de 318 000 réfugiés maliens. Beaucoup d’entre eux ne reçoivent plus qu’une aide intermittente depuis que le Programme alimentaire mondial (PAM) a suspendu son assistance en mars 2024 faute de financements.
Le camp de Mbera, situé à l’est de la Mauritanie, abrite depuis 2012 des réfugiés ayant fui le conflit au nord du Mali. Le pays se retrouve aujourd’hui sous pression face à l’afflux croissant de déplacés provenant des régions instables du Sahel.







