La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a franchi une nouvelle étape dans la lutte contre le trafic de drogues illicites, leur consommation et le crime organisé, en validant les données 2024 du Réseau ouest-africain d’épidémiologie sur l’usage des drogues (WENDU).
Au terme d’un atelier régional de trois jours sur le renforcement des capacités et la validation des données, tenu à Abuja, 12 États membres de la CEDEAO ainsi que la Mauritanie ont officiellement validé les données actualisées du réseau WENDU.
L’organisation régionale s’est également engagée à poursuivre son appui aux États membres à travers des actions de formation, de soutien aux réformes juridiques, ainsi que le déploiement de la nouvelle plateforme numérique régionale du WENDU.
Selon l’Agence de presse du Nigeria (NAN), cet atelier a été organisé pour consolider la réponse collective face à l’expansion du trafic de drogues, à la montée de leur consommation et aux activités criminelles associées dans la région.
Les pays ayant participé à l’atelier et validé les données sont : le Bénin, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée-Bissau, la Guinée, le Liberia, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, le Togo et la Mauritanie.
Le réseau WENDU, lancé il y a neuf ans, vise à permettre aux gouvernements de collecter, d’analyser et de partager des données fiables sur les tendances en matière de drogues — des saisies et arrestations aux statistiques de traitement — afin d’orienter des politiques publiques fondées sur des preuves.
Les participants ont souligné que l’Afrique de l’Ouest est confrontée à une menace croissante liée au trafic et à l’usage de drogues illicites, avec de lourdes conséquences sur la santé publique, le développement socio-économique et la sécurité régionale, d’où l’urgence d’agir.
Le document final de l’atelier précise que les données validées alimenteront le prochain rapport régional du WENDU, destiné à soutenir l’élaboration de politiques publiques nationales et régionales.
Il mentionne également plusieurs résultats positifs, notamment la validation officielle des données 2024 par les points focaux nationaux, ainsi que la formation des délégués à l’utilisation d’une nouvelle plateforme numérique de collecte de données, conçue pour moderniser le rapportage au sein du WENDU.
Les participants ont réaffirmé la nécessité de réponses équilibrées et multisectorielles face aux défis posés par la drogue, en s’appuyant sur les principes de santé publique et de respect des droits humains. Parmi les préoccupations émergentes figure la prolifération de drogues synthétiques telles que le « Kush », signalée dans plusieurs pays.
L’atelier a formulé une série de recommandations stratégiques pour renforcer la réponse régionale. Parmi celles-ci figurent :
- le renforcement des capacités nationales en matière de prévention, de traitement et de collecte de données ;
- l’élargissement des sources de données et l’amélioration de leur qualité et de leur harmonisation ;
- la promotion d’une collaboration multisectorielle impliquant les secteurs de la santé, de la justice, de la sécurité et de la société civile ;
- l’intégration des perspectives de genre dans les politiques sur les drogues ;
- la mise à jour des cadres juridiques pour répondre aux nouvelles substances et enjeux en matière de droits humains ;
- le développement de campagnes de prévention ciblant les jeunes et les communautés ;
- le renforcement des systèmes d’alerte précoce pour les drogues synthétiques émergentes ;
- et l’extension des centres de traitement et des services de santé mentale.
Les participants ont également insisté sur l’importance de la coopération transfrontalière pour démanteler les réseaux de trafic, ainsi que sur la finalisation et la mise en œuvre effective de la plateforme numérique régionale du WENDU.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la commissaire de la CEDEAO au développement humain et aux affaires sociales, Professeure Fatou Sarr, a réaffirmé l’engagement de la Commission à faire du WENDU un outil stratégique au service des politiques publiques.
De son côté, Mme Henrietta Bakura-Onyeneke, directrice de la lutte contre les stupéfiants au ministère nigérian de la Santé, a souligné que la collecte rigoureuse de données n’est pas une simple exigence technique, mais une nécessité régionale cruciale pour préserver la santé publique et la sécurité.







