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Afrique du l’Ouest et Sahel

Face aux défis multiples, la CEDEAO cherche à renouer avec l’Alliance des États du Sahel

Abuja – Alors qu’elle célèbre ses cinquante ans d’existence, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est confrontée à une série de défis sans précédent : montée du terrorisme, instabilité climatique, pauvreté persistante et coups d’État militaires successifs. Des menaces que le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a qualifiées de « test crucial » pour l’avenir du bloc régional, lors d’un sommet des chefs d’État tenu au Nigeria.

Fondée le 28 mai 1975 pour promouvoir l’intégration économique, la sécurité régionale et la gouvernance démocratique, la CEDEAO fait aujourd’hui face à la rupture avec trois de ses membres fondateurs : le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui ont claqué la porte pour protester contre les sanctions imposées à la suite de leurs coups d’État militaires.

L’ombre du terrorisme et l’émergence d’un bloc concurrent

Les trois pays, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont renforcé leurs liens militaires et économiques avec la Russie tout en rompant avec leurs anciens partenaires occidentaux. Cette reconfiguration géopolitique fragilise la position de la CEDEAO, dont l’influence dans le Sahel est en net recul.

Selon l’Indice mondial du terrorisme 2024, la région sahélienne a enregistré plus de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde, faisant d’elle l’épicentre mondial des violences extrémistes.

Entre pressions diplomatiques et autocritique

Malgré les tensions, la CEDEAO ne ferme pas la porte à un rapprochement futur avec les États dissidents. Le général nigérian Yakubu Gowon, l’un des pères fondateurs de l’organisation, a qualifié les départs de « décisions temporaires » et plaidé pour la force des liens historiques, culturels et économiques entre les peuples ouest-africains.

Mais certains analystes dénoncent l’ambiguïté de la CEDEAO face aux dérives autoritaires internes. Des chefs d’État membres ont modifié leurs constitutions pour prolonger leur maintien au pouvoir, sans réaction ferme du bloc régional, nourrissant ainsi la légitimité des putschs militaires aux yeux de populations désabusées.

L’impasse politique au Niger, où la junte refuse toujours de libérer le président déchu Mohamed Bazoum, illustre les limites des sanctions économiques de la CEDEAO, qui a été contrainte d’en alléger partiellement les effets pour relancer un dialogue diplomatique.

Une force régionale face au péril sécuritaire… mais des doutes subsistent

En mars 2025, la CEDEAO a annoncé le déploiement d’une force de réserve régionale pour faire face à l’escalade sécuritaire. Mais de nombreux observateurs doutent de son efficacité en l’absence de réponses aux causes profondes de l’instabilité, notamment la pauvreté, la corruption et le déficit de légitimité politique.

Quel avenir pour la CEDEAO ?

À la croisée des chemins, la CEDEAO doit désormais reconstruire l’unité régionale, tout en équilibrant les exigences de ses partenaires internationaux avec les réalités locales. Sa survie dépendra de sa capacité à réinventer une approche plus inclusive, plus crédible et mieux ancrée dans les aspirations des peuples ouest-africains.

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