Abuja – Le Centre national de lutte contre le terrorisme rattaché au Conseiller national pour la sécurité (NCTC – ONSA) a vivement contesté un récent rapport publié par Amnesty International Nigeria, qui affirme que plus de 10 000 Nigérians ont été tués au cours des deux dernières années.
Dans une lettre adressée le 28 mai au directeur de la section nigériane d’Amnesty International, le coordonnateur national du NCTC, le général de division Adamu Laka, a rejeté les conclusions de l’organisation, les qualifiant de trompeuses et déconnectées des données vérifiées détenues par les autorités.
Un appel à suspendre la publication du rapport
« Nous recommandons vivement que ce rapport soit suspendu avant toute publication, dans l’attente d’un échange approfondi visant à corriger les lacunes évidentes et les potentielles désinformations qu’il contient », écrit Laka.
Le responsable estime que le rapport, tel qu’il est rédigé actuellement, brosse un tableau alarmiste de la situation sécuritaire, ne reflète pas la réalité du terrain, et risque de désinformer l’opinion publique, nuire à l’image du pays sur la scène internationale, tout en encourageant indirectement les groupes terroristes en amplifiant l’impact de leurs exactions.
Une invitation au dialogue
Malgré ces critiques, le NCTC affirme vouloir maintenir un dialogue constructif avec Amnesty International. Le général Laka a proposé une rencontre consultative entre les deux parties afin d’analyser ensemble le contenu du rapport, réconcilier les divergences et évoquer les efforts en cours pour protéger les vies humaines et les biens au Nigeria.
« Nous reconnaissons et apprécions le rôle des organisations de la société civile dans la documentation des violations des droits humains. Toutefois, ces initiatives doivent être guidées par la précision, l’objectivité et une compréhension approfondie du contexte sécuritaire national actuel », a-t-il souligné.
Un nouvel épisode dans les tensions entre Abuja et les ONG
Ce désaccord s’inscrit dans un contexte de relations parfois tendues entre le gouvernement nigérian et les ONG internationales, régulièrement accusées de sous-estimer les efforts de l’État ou de servir des agendas politiques étrangers.
Amnesty International n’a pas encore officiellement réagi à cette déclaration, mais la controverse pourrait relancer le débat sur l’équilibre entre la défense des droits humains et la sécurité nationale dans un pays confronté à des insurrections armées persistantes, notamment dans le nord-est du pays.







