Dans une décision jugée sans précédent, les autorités koweïtiennes ont annoncé le retrait de la nationalité de dizaines de milliers de citoyens, dans le cadre d’une campagne intitulée « Un Koweït propre, sans impuretés », déclenchée sous l’impulsion de l’Émir Mishal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah.
Plus de 37 000 personnes concernées
Selon des sources officielles et médiatiques fiables, plus de 37 000 individus, dont au moins 26 000 femmes, ont perdu leur nationalité koweïtienne. La campagne a ciblé notamment :
- Les femmes naturalisées par mariage avec des Koweïtiens ;
- Les cas de double nationalité ou d’obtention irrégulière de papiers ;
- Les bénéficiaires du statut pour « services éminents », y compris des célébrités comme Nawal Al Kuwaitia et Dawood Hussein.
Réforme du droit de la nationalité
Cette vague de révocations s’accompagne d’un changement du cadre légal, notamment l’abrogation de la disposition qui accordait automatiquement la nationalité aux épouses étrangères de citoyens koweïtiens, ainsi qu’un durcissement des critères d’attribution pour les enfants de mères koweïtiennes.
Justification officielle : « Restituer le Koweït à ses citoyens d’origine »
L’émir a affirmé que ces mesures visent à « remettre le pays entre les mains de ses véritables citoyens », dans une logique de souveraineté nationale, et que le processus s’effectue dans le respect du droit et des considérations humanitaires.
Réactions et préoccupations
Des ONG et des défenseurs des droits humains dénoncent une « dénationalisation collective » aux conséquences graves, soulignant des violations potentielles du droit à la citoyenneté, à l’éducation, aux soins, à l’emploi et à la libre circulation.
Impacts démographiques et politiques
Des analystes estiment que la campagne pourrait également viser à reconfigurer le paysage électoral et démographique, en restreignant la base électorale et en consolidant une identité nationale exclusive.
Quelle suite ?
Le débat est loin d’être clos. Ce dossier sensible devrait rester au cœur des discussions politiques et sociales dans les mois à venir.







