Dans une atmosphère de tensions diplomatiques croissantes, Israël a lancé de graves accusations contre plusieurs États européens après le meurtre de deux employés de son ambassade à Washington. L’attaque, survenue mercredi soir près du musée juif de la capitale américaine, a rapidement été qualifiée par Tel Aviv d’acte nourri par « l’incitation antisémite » véhiculée par certains dirigeants occidentaux.
Un double assassinat choquant
Les victimes, Yaron Lischinsky et Sarah Lynn Milgram, tous deux employés à l’ambassade israélienne, ont été tués par balle alors qu’ils participaient à un événement communautaire. Le suspect, Elias Rodriguez, 30 ans, originaire de Chicago, aurait crié « Palestine libre » lors de son arrestation. Les autorités américaines enquêtent désormais sur l’incident comme un potentiel crime de haine à motivation politique.
Israël met en cause l’Europe
Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a affirmé qu’il existait un lien direct entre le climat d’incitation contre Israël et l’acte de Washington. « Des dirigeants de pays européens et d’organisations internationales participent activement à cette propagande haineuse », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a de son côté dénoncé un « climat d’incitation révolutionnaire », imputant aux discours politiques anti-israéliens la responsabilité indirecte du bain de sang, et ordonnant immédiatement le renforcement de la sécurité dans toutes les représentations diplomatiques israéliennes.
Vives réactions en Europe
En réponse, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a jugé les déclarations israéliennes « inacceptables et injustes », tout en réitérant l’engagement de la France à lutter contre toute forme d’antisémitisme. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a condamné l’attaque, tout en défendant la nécessité de critiquer « les dérives militaires israéliennes à Gaza ».
Un contexte explosif
Ce drame survient alors que la communauté internationale se divise face à l’offensive israélienne en cours dans la bande de Gaza. Un communiqué conjoint du président Emmanuel Macron, de Starmer et du Premier ministre canadien Mark Carney, publié quelques jours auparavant, qualifiait les actions israéliennes de « honteuses » et menaçait de sanctions concrètes si l’opération militaire ne s’arrêtait pas.
Les trois dirigeants ont également réaffirmé leur volonté de reconnaître un État palestinien dans le cadre d’une solution à deux États, et dénoncé « le langage haineux » de certains ministres israéliens ainsi que toute évocation de transfert forcé de la population civile.
Une fracture qui s’aggrave
À travers cette tragédie, c’est le climat global autour du conflit israélo-palestinien qui s’envenime. Les accusations israéliennes, aussi graves que directes, pourraient ouvrir une nouvelle phase de tensions avec les chancelleries européennes, autrefois alliées indéfectibles. La diplomatie saura-t-elle réparer cette fracture avant qu’elle ne devienne irréversible







