La Côte d’Ivoire a donné son accord pour l’installation d’une infrastructure américaine spécialisée dans l’exploitation de drones, lors d’une rencontre officielle entre le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, l’ambassadrice des États-Unis Jessica Davis Ba, et le général Michael Langley, commandant de l’US AFRICOM, à Abidjan.
Les deux parties ont souligné qu’il ne s’agit pas d’une base militaire classique, mais d’une plateforme technologique dédiée aux opérations de drones de haute précision. L’objectif affiché est de renforcer la surveillance aérienne et la lutte contre les menaces sécuritaires dans la région.
Initialement proposée dans la ville septentrionale de Korhogo par le général Langley, l’implantation a finalement été fixée à Bouaké, au centre du pays, sur une portion d’une base aérienne militaire existante, après le refus des autorités ivoiriennes du premier site.
L’ambassadrice américaine a salué la coopération militaire entre les deux pays, mettant en avant l’accent mis sur le développement des capacités techniques, les opérations conjointes et le partage du renseignement.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis visant à combler le vide sécuritaire laissé par le retrait des troupes françaises d’Afrique de l’Ouest et à contrer l’expansion de l’influence russe, en particulier après la montée en puissance de Moscou au Mali, au Niger et au Burkina Faso à travers des accords militaires et l’appui à des groupes tels que Wagner.
La position géographique stratégique de la Côte d’Ivoire renforce la pertinence de ce choix, permettant une surveillance accrue des activités armées et mouvements transfrontaliers dans les pays voisins.
Le ministère ivoirien des Affaires étrangères avait toutefois nié, dans un premier temps, toute intention d’accueillir une base militaire américaine, semant le doute sur la nature exacte de l’accord. Des sources concordantes ont depuis précisé qu’il s’agit d’un projet limité à l’usage de drones.
Ce partenariat s’insère dans un cadre plus large de coopération entre Abidjan et Washington, comprenant des exercices militaires conjoints comme les manœuvres Flintlock, ainsi qu’un soutien américain de 65 millions de dollars dans la lutte contre le terrorisme.
Considérée comme l’un des pays les plus stables de la région, la Côte d’Ivoire possède la deuxième économie d’Afrique de l’Ouest après le Nigeria, ce qui en fait un partenaire de choix pour les États-Unis dans le contexte de la compétition géopolitique avec la Russie, la Chine et la Turquie.







