La Cour internationale de justice (CIJ) rend aujourd’hui sa décision dans l’affaire opposant la République du Soudan aux Émirats arabes unis, accusés de complicité dans un génocide au Darfour par leur soutien présumé aux Forces de soutien rapide (FSR).
Abu Dhabi rejette fermement ces allégations, qualifiant la procédure de « mise en scène politique ».
Le conflit au Soudan a éclaté en avril 2023 entre l’armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les FSR commandées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ». Cette guerre a causé des dizaines de milliers de morts, le déplacement de plus de 13 millions de personnes, et a plongé certaines régions dans une situation de famine, selon les Nations Unies.
Lors des audiences précédentes, le gouvernement soudanais a soutenu que le soutien des Émirats constituait le « moteur principal » des atrocités commises, en particulier dans la région du Darfour, théâtre de violences extrêmes. De son côté, la défense émiratie a nié toute livraison d’armes et remis en question la compétence même de la Cour, invoquant une réserve formulée en 2005 à la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide.
Bien que les décisions de la Cour internationale de justice soient juridiquement contraignantes, leur application repose sur la volonté des États, aucune force coercitive n’étant prévue pour en assurer l’exécution.
La décision de ce jour pourrait marquer un tournant majeur non seulement dans le conflit soudanais, mais aussi dans la manière dont la communauté internationale traite les accusations de génocide et les responsabilités des acteurs régionaux.







