Le Liban fait face à une détérioration rapide de la situation sécuritaire et humanitaire alors que les affrontements entre Israël et le Hezbollah s’intensifient, malgré un cessez-le-feu plus large entre les États-Unis et l’Iran, illustrant un décalage croissant entre les efforts diplomatiques et la réalité sur le terrain.
Intensification des opérations militaires
Au cours des dernières 48 heures, le sud du Liban et certaines parties de Beyrouth ont connu une forte intensification des opérations militaires. Les forces israéliennes ont mené plus de 50 frappes aériennes en 24 heures, ciblant notamment Bint Jbeil, Hanawya, Aita al-Shaab et Haneen.
Selon des sources locales, ces frappes ont causé des destructions massives dans les zones résidentielles et les infrastructures essentielles, notamment les ponts du fleuve Litani.
En réponse, le Hezbollah a intensifié ses tirs de roquettes vers le nord d’Israël, visant notamment Kiryat Shmona, Metula et Misgav Am, et a revendiqué une frappe sur la base navale d’Ashdod.
Le bilan humain continue de s’alourdir. Le ministère libanais de la Santé a fait état de plus de 300 morts cette semaine, portant le total à plus de 1 800 depuis le 2 mars.
Crise humanitaire et alimentaire
Les organisations internationales alertent sur une évolution de la crise vers une insécurité alimentaire aiguë. Le Programme alimentaire mondial indique que plus de 80 % des marchés dans le sud du Liban se sont effondrés.
Les enfants sont particulièrement touchés. L’UNICEF évoque une situation « dévastatrice et inhumaine », avec environ 600 enfants tués ou blessés depuis début mars. Sur près d’un million de déplacés, environ 390 000 sont des enfants.
Le système de santé est également sous forte pression. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé des garanties concernant la protection de certains hôpitaux clés, mais les capacités restent limitées.
Blocages diplomatiques
Cette escalade intervient à un moment critique pour la diplomatie. Le cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, négocié avec l’appui du Pakistan, devait réduire les tensions, mais son application reste inégale.
Un sommet prévu à Washington la semaine prochaine pourrait ouvrir la voie à des discussions, bien que celles-ci s’annoncent préliminaires.
Perspectives
Alors que les violences se poursuivent et que la situation humanitaire se dégrade, le Liban se trouve à un moment critique.
Sans mécanisme clair et contraignant, le risque d’une escalade accrue et d’une crise humanitaire plus grave demeure élevé.







