La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) a commencé son retrait de son camp de Kidal au nord du pays, laissant planer le spectre de violences entre les forces azawadiennes et les Fama-Wagner.
« Nous avons pris le départ de Kidal ce (mardi) matin », a indiqué un responsable de la mission sur place, précisant que l’évacuation se faisait par la route.
« Le convoi terrestre est en route pour Gao », grande ville du nord à environ 350 km, a souligné un officier de la Minusma, ajoutant que le convoi comporte plus de 100 véhicules.
La Minusma a quitté récemment le camp d’Aguelhok sans le remettre formellement aux autorités maliennes.
Mardi dernier, l’armée malienne avait accusé la Minusma de compromettre la sécurité dans la localité d’Aguelhok, dans le nord du pays, en se retirant de son camp de manière « précipitée ».
Ce « départ précipité de la Minusma met en péril le processus entamé et menace la sécurité et la stabilité dans la localité d’Aguelhok », selon l’armée.
La Minusma dit être forcée d’accélérer son retrait par l’escalade militaire qui menace ses personnels.
Selon une source locale, le camp est actuellement occupé par les troupes de l’Azawad qui auraient retardé l’arrivée des Forces armées maliennes (Fama) et les éléments russes de Wagner.
La même source dit d’ailleurs craindre des affrontements entre les troupes azawadiennes et les Fama-Wagner ; ce qui semble inévitable puisque chacun des protagonistes compte occuper le camp convoité de Kidal après le retrait de la Minusma.
Le retrait des quelque 11.600 soldats et 1.500 policiers – de dizaines de nationalités – qui étaient présents au Mali doit s’échelonner jusqu’au 31 décembre.
Décidé par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’unanimité de ses membres réunis le 30 juin dernier, le retrait de la Minusma du territoire malien a commencé le 1er juillet, suivant un calendrier qui prévoit, après Kidal, la fermeture des camps de Douentza (centre), d’Aguelhok et de Tessalit (nord).