Trois journalistes tchadiens ont été incarcérés à N’Djamena pour des accusations d’espionnage au profit du groupe paramilitaire russe Wagner, en attendant leur procès prévu jeudi, selon le procureur général et l’un de leurs avocats.
Dans un communiqué, le procureur a indiqué que, sur la base d’“éléments de preuve” documentés, les autorités ont arrêté le directeur de publication du journal hebdomadaire “Le Pays”, le correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Tchad, ainsi qu’un rédacteur de “Le Pays” et un journaliste de “Télé Tchad”.
Accusations d’espionnage et de complot contre l’État
Selon le communiqué, les documents saisis montrent que les journalistes ont “transmis des informations sensibles concernant la sécurité et l’économie du pays”, avec des faits qui constitueraient “des crimes d’intelligence pouvant nuire à la situation militaire ou diplomatique du Tchad, à ses intérêts économiques, ainsi qu’un complot contre l’État et une complicité”.
Les trois journalistes ont été placés en détention préventive lundi après-midi au centre de Klessoum, après avoir été interrogés par un juge d’instruction.
Traduction de documents russes et enquête sur l’influence de Moscou
Dimanche, la direction de “Télé Tchad” a déclaré à l’AFP que son journaliste était accusé d’avoir traduit des documents fournis par la Russie concernant les activités de ses agents au Mali et la situation économique au Sahel.
D’autres sources indiquent que le directeur de publication de “Le Pays” aurait été arrêté après avoir publié un article sur l’ouverture de “La Maison russe” à N’Djamena en septembre dernier.
Contexte des tensions entre le Tchad et la France
Fin novembre, le Tchad a annoncé de manière inattendue la rupture de ses accords militaires et sécuritaires avec la France, mettant ainsi fin à 60 ans de coopération militaire entre les deux pays depuis la fin de la colonisation française.
